La révolution citoyenne des gilets jaunes nous montre qu’il existe bel et bien une crise démocratique. En effet, on ne compte plus les personnes qui se disent dégouttées de la politique et de ses représentants. Dans les ronds-points et dans les rues, un même refrain résonne : corruption, clientélisme, promesses non tenues, inexistence du clivage droite/gauche, professionnalisation de la politique…Tout ce manque de vertu républicaine engendre une abstention record dans le pays. 

Le rejet de la politique profite aux sombres pensées, le racisme est aux portes du pouvoir. Le FN n’épouvante que peu face aux corruptions qui parcourent les journaux du pays avec de plus en plus d’assiduité. Une sorte de chantage à l’arme nucléaire alors qu’une autre voie insoumise est proposée. La démocratie se retrouve ainsi remise en cause. La crise économique, la mondialisation du tout marché en sont les premiers responsables. Le libre échange a fait triompher les grandes firmes qui ont supplantées les États dans le domaine économique. Dans cette vision dénationalisée du monde, les États semblent reléguer à des tâches secondaires, où l’urgence sociale, démocratique et écologique sont méprisées, loin des sphères incontrôlables de l’argent roi. Les libéraux ont plongé le monde dans une crise économique qu’eux-mêmes jugeaient inimaginables. C’est pourquoi l’internationalisme semble être de rigueur dans la construction du nouveau monde qui libèrera les peuples des jougs de la finance.

Nous pouvons expliquer ce constat par le fait que la démocratie représentative dans la République actuelle a ses limites. Nous sommes arrivés comme à la fin d’un cycle où une prise de conscience collective émerge face au désir accru d’une réelle démocratie citoyenne.

L’impuissance politique fragilise ainsi la démocratie participative. Le sentiment d’une injustice croit dans le pays puisque la justice fiscale appelle la justice sociale. Ainsi, le peuple de France se voit opprimer d’un gant de fer lorsque ses dirigeants maintiennent impunis des licenciements économiques et du chômage de masse quand les gouvernants caressent d’un gant de soi l’oligarchie à travers la suppression de l’ISF, l’augmentation du CICE qui permettent aux firmes transnationales d’accroître une économie de plus en plus financiarisée au détriment de l’économie réelle. Par conséquent, le pouvoir patronal de ses entreprises est plus fort que celui de nos élus et représentants soumis aux dictats de l’argent. Le triste résultat d’avoir laissé les marchands s’emparer du pouvoir politique il y a deux siècles.  

En effet, le citoyen n’identifie pas clairement les institutions représentatives de cette démocratie dans ce millefeuille institutionnel.  Quels sont leurs rôles entre l’État, l’Assemblée Nationale, le Sénat, l’Europe, les collectivités territoriales ? Pourtant la séparation des pouvoirs entre le législatif, l’exécutif et le juridique avait pour but de décentraliser le pouvoir sur l’État et le partager avec plusieurs institutions dans le but de renforcer la démocratie. La décentralisation implique que les élections locales accentuent la division entre l’État et les collectivités territoriales (département, région, commune).

De plus, nous constatons que les élections intermédiaires législatives, européennes semblent ne pas être importantes aux yeux des français alors qu’elles sont celles qui font réellement vivre la démocratie. L’impuissance de l’État, des politiques en est le responsable direct. La démocratie dans les urnes n’est pas assez représentative du fait de l’abstention record et vu comme cela la démocratie est en danger conséquence d’un manque de pouvoir politique. 

Ainsi à titre d’exemple, à Marseille, dans le 15ème arrondissement, voter pour le député En Marche Said Ahamada n’est pas synonyme de ralliement au pouvoir macroniste. En effet c’est plutôt le synonyme d’un incessant retournement de veste aux senteurs d’un ancien monde mourant pour accéder au palais Bourbon, au prix d’une idéologie trahie et bafouée au nom de la place suprême. A quoi bon lorsque l’on pense que Said Ahamada ne s’est même pas insurgé lorsqu’Emmanuel Macron s’est moqué des kwassa kwassa ? A qui la faute ? Celle des électeurs ne voyant pas le malaise d’un jeu d’appareil sacrifiant des valeurs sur l’autel d’une personne donnée ou d’un système à bout de souffle d’avoir des représentants si éloignés des enjeux quotidiens ?

Donc oui, la démocratie est devenue plus grande mais la complexité des institutions a fait perdre une visibilité démocratique aux citoyens qui ne s’y retrouvent plus. 

Dans une constitution prônant un « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » (article 2 de la constitution de la Cinquième République française), le Président de la République est pourtant un monarque qui ne dit pas son nom. En effet, si l’Assemblée Nationale lui est hostile, une dissolution est possible. Son rôle premier est celui de contre-pouvoir mais l’Assemblée ne le fait plus. Elle devient juste la caisse enregistreuse des lois venues du Président monarque.  D’ailleurs, les députés En Marche l’ont très bien compris :  s’ils dérogent à la règle, ils se retrouveront à payer les conséquences par une exclusion du groupe. Certains ont déjà pu goûter l’amère expérience. 

De plus, les élus ne rassurent point sur les perspectives d’évolution institutionnelle. Leur pouvoir est limité et ils ne provoquent pas le changement tant désiré dans la vie quotidienne des citoyens : un pouvoir d’achat guéri d’une accumulation de la richesse depuis des décennies qui empêche une distribution nécessaire à la compensation d’une inflation qui gangrène en premier les plus démunis d’entre nous, un chômage de masse qui amène aujourd’hui à une traque constante des chômeurs quand on apprend qu’il n’y a qu’un poste vacant pour quarante chômeurs dans un pays qui n’a jamais été aussi riche qu’à l’heure actuelle.

De ces vases communicantes découlent des mécanismes économiques qui entrainent que le chômage et l’inflation sont inversement proportionnels. Ainsi, durant les trente glorieuses, la diminution du chômage entrainait spontanément une augmentation de l’inflation qui était rapidement compensée par l’augmentation des salaires indexés sur l’augmentation des prix. Ainsi, les salaires étaient automatiquement revalorisés lorsque les prix montaient. Cela changea sous le gouvernement « socialiste » où mûrit la désinflation compétitive. Tant de causes qui n’ont pas trouvé le pouvoir nécessaire pour y remédier. On sait que la politique libérale est soumise aux pouvoirs de l’argent, des lobbies … alors pourquoi le peuple irait-il voter si nos représentants ne sont que des marionnettes du pouvoir de l’argent ?

Concernant le pouvoir médiatique, la pluralité médiatique n’existe pas. On a 9 milliardaires qui détiennent la quasi-totalité des médias. On peut se demander si les journalistes ont été d’abord choisis pour leur opinions politiques.

Méprisée ou paranoïaque ? La France ne reconnaît plus ses médias. Avez-vous observé combien, à un instant donné, presque tous les médias, tous les chroniqueurs, et presque tous les hommes politiques pensent et disent exactement la même chose, s’intéressent aux mêmes événements, en proposent la même explication ? 

La dictature de la pensée unique tue la liberté en silence. Si on ose affirmer une autre position sur le sujet, on est taxé de complotistes voire d’autres qualifications abjectes. Les idées véhiculées sont-elles majoritaires et donc incontestables ?

Pourtant, il n’y a de pensée que dans la clarté, dans celle des idées, comme dans celle des convictions. Il faut que celles-ci soient fortes pour qu’un véritable débat intellectuel puisse avoir lieu. Bien sûr, la liberté d’expression a ses limites. Une liberté aujourd’hui encadrée par la loi qui fixe des limites : la diffamation, l’injure, la provocation à la haine (qui comprend le racisme et l’antisémitisme, ou encore l’apologie du terrorisme). On devrait ainsi se méfier des médias qui vont chercher l’antisémitisme dans les pensées d’une personne afin de décrédibiliser sa parole.

Ainsi, on peut se demander à juste titre que dans un pays où la majeure partie des informations accessibles au citoyen est contrôlée par le pouvoir financier, peut-il encore être une démocratie soucieuse du bien commun à long terme et du bien vivre ensemble. Ainsi pour paraphraser La Fontaine, ne dit-on pas que selon que vous soyez puissants ou misérables, les jugements de cours vous rendront Benalla ou Eric Drouet.

Le peuple est la clef de la démocratie. L’article 3 de la constitution dans la 5ème République stipule pourtant que  » La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du referendum ». Oui, en République le peuple est souverain. Pourtant le peuple fait peur. Le Référendum d’Initiative Citoyenne est une première réponse à l’abstention. Ensuite, il viendra le temps du vote obligatoire et de la reconnaissance du vote blanc pour que le vote du peuple se transforme d’un vote contestataire en un vote d’adhésion populaire de masse. 

Le pouvoir et les manifestations de rue sont aussi essentiels à la vie démocratique.  Les manifestations de rue sont à prendre en considération car aussi légitimes. Ainsi, c’est dans la constitution de 1793 que les droits civiques du peuple sont poussés jusqu’à la reconnaissance du célèbre droit à l’insurrection : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. ». Et pourtant, on ne se soucie guère sur le fait que seul 24% ont voté pour le programme d’Emmanuel Macron et si nous prenons en considération l’abstention on descendrait en dessous des 20 %.

De ce problème de représentation au sein de la communauté nationale résulte les éclats de colère qui ont jailli de la société toute entière. Rester aveugle sur la crise des gilets jaunes n’est pas être républicain car ce n’est pas considérer le peuple qui souffre. Ayons confiance à l’intelligence collective. N’ayons pas peur du peuple. Celui qui est profondément républicain n’a pas peur de lui. La figure de Robespierre issue de la Grande Révolution en est un modèle. Robespierre fut ainsi le premier homme politique français à avoir défendu la souveraineté absolue du peuple dans la conduite des affaires publiques.

Rousseau ne voit la souveraineté populaire que par une démocratie directe. Il pense que c’est au peuple de faire lui-même la loi au nom de la liberté.  L’unité du peuple est-il un mythe ou le referendum d’initiative populaire pourra le rendre possible ? L’exemplarité de nos élus favorisera-t-il cette démocratie ? 

Dans le Contrat Social de Rousseau, la démocratie repose sur des organisations justes où l’égalité et la liberté entre tous les citoyens sont assurés. En effet, le but premier de l’État est ainsi d’arriver à ce que les citoyens consentent librement à la limitation de leurs libertés. Cette conception de notre société repose notamment sur la théorisation de Rousseau sur le contrat social où nous acceptons de remettre à l’État une part de nos libertés les plus fondamentales pour que la liberté de chacun soit respectée. La liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres.

De ce fait, les élus du peuple ne doivent pas être des tyrans. Etienne de la Boétie écrit dans Le Discours sur la Servitude Volontaire :  » Les élus sont des tyrans, ils sont au pouvoir du fait de leur prestige, leur grandeur ou tout autre qualité leur ayant permis de séduire le peuple. ». Par conséquent, un élu se doit d’être choisi par la profondeur de son engagement politique. En effet, l’engagement politique ne se mesure ni au carnet d’adresse, ni au nombre de couverture médiatique que l’on peut tirer sur soi, ni au nombre de diplômes décrochés.

L’engagement politique est le fruit d’un travail de fond sur le terrain et d’une culture politique individuelle et collective. Le travail de surface ne peut être crédible aux yeux des militants dits « de base », dont l’engagement même est l’essence des convictions qu’ils portent. Le travail militant ne peut se faire qu’en équipe. L’intérêt général doit être avant les intérêts particuliers. On ne travaille pas uniquement pour un clan ou une tête, ni pour soi mais surtout au croisement de toute chose politique. Il y a l’idéologie commune portée par un sentiment de justice sociale qui prévaut sur les systèmes d’appareils. 

Combien de fois, des militants ont jeté l’éponge pour y laisser les requins dominer ? Pour ces derniers, la rage des débuts est toujours bien présente.  Ils restent en colère pour ne pas oublier pourquoi ils sont debout. La reconnaissance intellectuelle et de conscientisation collective que l’on peut chercher mettra en sourdine cette colère et permettra sa réalisation au travers de la vertu de l’exemplarité. 

L’éthique de la vertu se penche sur les qualités humaines d’une personne qui joue sur les décisions et actions dans la perspective de la valorisation complète du groupe voire du peuple qu’on veut servir. On peut faire semblant longtemps d’incarner cette vertu mais il en faut du courage et de l’estime de soi pour incarner véritablement cette force d’âme et de justice. Ceci est un long apprentissage où même les plus égoïstes peuvent changer par la force collective, la confiance et la juste place que le groupe donnera.  

On ne va pas chercher des élus parfaits. La perfection existe chez l’homme que si on y inclut ses défauts. Mais le tout-permis en politique est un tue-cohésion !  Il y a des règles de conduite selon les responsabilités qu’on souhaite prendre dont on ne peut se déloger.  La démocratie prend naissance où la vertu politique s’impose.

Ainsi, il est un devoir politique de bien choisir ses représentants du peuple. Dans les urnes comme dans la nomination des candidats en interne dans les partis politiques. L’apprentissage de l’amour de la République et de ses humains qui la composent et donc de l’intérêt général se doit d’être une obligation. 

Les tueurs politiques de Sarkozy, Balkany et compagnie, ces représentants du peuple n’ont fait que salir notre démocratie. Ils ne sont pas dignes de confiance. Les valeurs ne doivent pas être corrompues sinon le système social disjoncte. Les concessions lors du choix des candidats à faire ne peuvent pas se faire au détriment des valeurs de l’intérêt général. Le véritable travail de terrain est la seule concrétisation pragmatique de cette vertu. Un don véritable de soi où l’égo est mis au service des autres. La politique du paraître, du bling-bling est à proscrire pour changer de regard de société.  

Et la France Insoumise dans tout cela ? Le mouvement de la France Insoumise est inclusif. Tout le monde peut venir en son sein et y apprendre les codes de militantisme. Ce sont ces futurs militants authentiques qui seront nos représentants de demain. Le peuple dans sa globalité votera à l’unisson les futures lois avec l’Assemblée Constituante de la 6ème République.  L’intelligence collective prendra le dessus sur les moins vertueux d’entre nous, au nom du bien commun. 

Les représentants du peuple ne pourront se dissocier de cette vertu. Il n’y aura pas de place aux corruptions clientélistes qui nous feraient revenir à l’ancien monde. Et c’est comme cela, qu’on pourra favoriser la démocratie représentative. La démocratie tient à la force de ses représentants. La confiance entre la politique et ses représentants sera renouée par la vertu de l’exemplarité.

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